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Mon premier balcon à Lyon, côté Croix-Rousse, mesurait à peine 90 cm de profondeur sur 2,50 m de long. Pendant des mois, il a servi de séchoir et de cimetière à pots vides. Puis un dimanche de mai, j’ai sorti un mètre ruban, et tout a changé : la question n’était pas « comment faire entrer une table », mais « où se trouve réellement le passage utile ».
Voici ce que cette mesure m’a appris, et les trois dispositions que j’ai fini par comparer, chez moi puis chez des amis qui avaient le même type de balcon tout en longueur.
Mesurer avant de choisir quoi que ce soit
Un balcon étroit se joue au centimètre. Notez trois chiffres : la profondeur libre (garde-corps compris, car les barreaux mangent souvent 5 à 8 cm), la longueur, et la largeur de la porte-fenêtre une fois ouverte. Si le battant s’ouvre vers l’extérieur, il peut condamner un tiers de la surface.
Ensuite, tracez au sol, avec du ruban de masquage, l’emprise des meubles envisagés. Une table ronde de 60 cm de diamètre, deux chaises pliantes de 40 cm d’assise : on voit tout de suite si l’on peut circuler. Je laisse en général environ 60 cm de passage libre pour se déplacer, 45 cm au strict minimum si le balcon est un simple lieu de pause.
Première option : la table murale rabattable
Une tablette fixée au mur ou au garde-corps, de 30 à 40 cm de profondeur, se relève quand on n’en a pas besoin. C’est la solution qui libère le plus d’espace, parce que le balcon redevient un couloir dégagé en une seconde.
- Pour qui ? Un balcon de moins d’un mètre de profondeur, utilisé surtout pour un café ou un petit déjeuner.
- Côté matière : un plateau en bois traité pour l’extérieur ou en aluminium résiste mieux à l’humidité qu’un panneau brut.
- Limite : si l’on ne peut pas percer, il faut une tablette à crochets qui se suspend à la rambarde. Vérifiez alors la forme exacte de la main courante, ronde, plate ou tubulaire, avant d’acheter.
Deux tabourets pliants rangés contre le mur complètent l’ensemble. Ils se glissent derrière la porte ou dans le placard de l’entrée quand la pluie arrive.
Deuxième option : la table en longueur le long du garde-corps
Quand le balcon est long, mieux vaut penser en bande plutôt qu’en carré. Une table de comptoir de 25 à 30 cm de large, posée contre la rambarde, avec deux tabourets hauts glissés dessous, ressemble à un petit bar. Le regard file vers la rue, et personne ne tourne le dos à la vue.
J’ai testé cette disposition chez une amie à Villeurbanne : la planche de 1,20 m laissait encore près de 55 cm de circulation côté mur. Les tabourets se rangent sous le plateau, jambes alignées, et le balcon garde un aspect ordonné même quand on ne l’utilise pas.
Attention à un point souvent oublié : le poids. Une table et deux personnes assises, c’est bien moins qu’une jardinière remplie de terre mouillée, mais un balcon a une charge maximale. En cas de doute sur les vieux balcons en pierre ou en béton fissuré, renseignez-vous auprès du syndic ou faites appel à un professionnel du bâtiment.
Troisième option : le coin d’angle
Si le balcon se prolonge sur une largeur supérieure à 1,50 m, l’angle devient intéressant. Une petite banquette ou un coffre de rangement de 35 à 40 cm de profondeur, adossé au mur, sert d’assise ; devant, une table ronde de 50 à 55 cm de diamètre se range en la poussant contre le mur.
L’avantage est double : on gagne un volume de rangement pour les coussins, l’arrosoir et les bougies, et on crée une vraie assise stable, plus confortable qu’une chaise pliante. L’inconvénient, c’est l’encombrement permanent. Il faut donc que la porte-fenêtre s’ouvre sans buter dessus.
Quelle disposition pour quelle situation
| Situation | Option la plus adaptée |
|---|---|
| Profondeur de moins de 80 cm | Tablette rabattable |
| Balcon long et étroit, belle vue | Table de comptoir et tabourets |
| Balcon de 1,50 m de large ou plus | Banquette d’angle et table ronde |
| Usage rare, location | Tabourets pliants, tablette à crochets |
Les détails qui font que le coin reste agréable
Sur un petit espace, chaque objet pèse. Je m’en tiens à trois matières au maximum : un bois clair, un métal mat, un textile naturel. Une natte en fibre tressée ou un tapis d’extérieur de 60 x 120 cm délimite la zone sans l’alourdir. Côté couleur, un ton unique pour les chaises et les coussins, et le balcon paraît plus large qu’il ne l’est.
Pour la lumière, pensez à une guirlande à piles ou à une petite lanterne posée sur la table. Évitez les rallonges électriques qui courent sur le sol : elles gênent le passage et s’abîment à la pluie. Si vous souhaitez une prise extérieure, c’est un travail pour un électricien, pas un projet du dimanche.
Enfin, laissez un mur ou un coin entièrement libre. Un balcon étroit saturé d’objets devient un débarras visuel ; un balcon où l’on voit une portion de sol dégagée paraît tout de suite plus grand.
Avant de vous lancer
- Mesurez la profondeur, la longueur et l’ouverture de la porte-fenêtre, puis notez-les.
- Tracez l’emprise des meubles au ruban de masquage et circulez dessus pendant une journée.
- Vérifiez le règlement de copropriété ou votre bail : fixation sur la façade, hauteur des objets au garde-corps, jardinières suspendues.
- Privilégiez les solutions qui se suspendent ou se plient si vous êtes locataire et ne pouvez pas percer.
- Renseignez-vous sur la charge admissible du balcon avant d’ajouter des éléments lourds.
- Confiez à un professionnel tout ce qui touche à l’électricité extérieure ou à la structure du garde-corps.
Un balcon de 90 cm ne sera jamais une terrasse, et c’est tant mieux : il se prête aux moments courts, un café du matin, un verre à la tombée du jour. Le bon test reste simple : si vous avez envie d’y sortir sans y penser, la disposition fonctionne.



