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Dans mon deuxième appartement, à Lyon, dans le 7e arrondissement, le bail précisait en toutes lettres : aucune fixation sur la façade, aucun perçage dans le carrelage de la loggia. Mon balcon était nu, gris, un peu triste, avec un garde-corps en métal peint. Il a pourtant fini par devenir la pièce où l’on traînait le plus de mai à octobre, sans que le propriétaire ait rien eu à redire à l’état des lieux de sortie.
Le principe est simple : ce qu’on ne peut pas visser, on le suspend, on le cale ou on le lest. Voici comment je procède, par type de contrainte.
Commencer par ce que dit le bail
Avant d’acheter quoi que ce soit, relisez le bail et, si vous en avez un, le règlement de copropriété. Certains interdisent les pots sur le rebord extérieur ou les objets qui dépassent du garde-corps. D’autres limitent le poids ou imposent un matériau précis pour les brise-vue. En cas de doute, un message écrit au propriétaire ou au gestionnaire règle la question en deux lignes.
Je note aussi l’état initial : une photo du sol, du garde-corps, de la porte-fenêtre. Cela évite toute discussion au départ.
Le sol : poser sans coller
Un carrelage fatigué ou un béton brut transforme un balcon en espace sans âme. Les dalles clipsables en bois ou en composite, d’environ 30 x 30 cm, se posent sans colle ni vis, directement sur le sol, et se retirent en quelques minutes. Elles couvrent un balcon de 3 m² en une demi-journée.
Si vous préférez le textile, un tapis d’extérieur en polypropylène tressé, qui sèche vite, fait très bien l’affaire. Pour empêcher qu’il ne glisse, glissez dessous un sous-tapis antidérapant découpé à la bonne taille. Prévoyez un petit espace de 2 à 3 cm sur le pourtour pour que l’eau de pluie s’évacue vers l’écoulement et ne reste pas coincée dessous.
Le garde-corps : crochets, serre-joints et colliers
Le garde-corps est le seul support disponible, et on peut s’en servir sans l’abîmer. Trois accessoires suffisent dans la plupart des cas :
- Les supports de jardinière à crochets : ils s’accrochent par-dessus la main courante. Mesurez bien la largeur et l’épaisseur du rail avant de choisir.
- Les colliers de serrage en caoutchouc : pour fixer une tablette, un porte-pot ou un petit crochet sans rayer la peinture.
- Les clips pour brise-vue : des attaches plastiques ou métalliques qui serrent la toile sur les barreaux, démontables à la main.
Un point de prudence : tout ce qui est suspendu côté extérieur doit être solidement retenu. Un pot qui tombe d’un quatrième étage n’a rien d’anecdotique. Je place les jardinières côté intérieur du garde-corps chaque fois que c’est possible, et je double les crochets d’un lien de sécurité.
Le mur : des cadres, des échelles, du lestage
Pour habiller un mur sans le percer, il y a deux familles de solutions. La première consiste à appuyer des éléments contre la paroi. Une échelle décorative en bois, de 150 à 180 cm de haut, accueille des pots et des lanternes, à condition d’être stabilisée par un poids à la base. La seconde utilise des bandes adhésives repositionnables, prévues pour l’extérieur : elles tiennent bien les objets légers, un cadre en bois ou une petite lanterne, pas une étagère chargée.
Je ne compte jamais sur l’adhésif pour de gros volumes. Et sur un mur très exposé à la pluie, il perd en tenue au fil des saisons ; prévoyez de les contrôler au printemps.
Les plantes : choisir le contenant avant la plante
Sur un balcon de location, ce sont souvent les pots qui prennent le plus de place. Pensez à des contenants légers, résine, osier doublé, feutre épais, plutôt qu’à de la terre cuite pleine. Ils facilitent le déménagement, et vous ménagez la charge du balcon.
Regroupez les pots en trois ou quatre zones : un coin haut près de la porte, une rangée sur le sol, une jardinière suspendue. Cette organisation évite l’effet « balcon encombré » et facilite l’arrosage. Posez des soucoupes ou un plateau en dessous pour que l’eau ne goutte pas chez le voisin du dessous, c’est la source de conflit numéro un entre voisins.
Comparer les solutions
| Besoin | Solution sans percer | Limite |
|---|---|---|
| Sol abîmé | Dalles clipsables | Surface plane nécessaire |
| Plantes en hauteur | Supports à crochets sur la rambarde | Forme de la main courante |
| Mur nu | Échelle déco, cadre léger | Poids limité |
| Éclairage | Guirlande à piles ou solaire | Autonomie |
Un éclairage qui ne demande aucun câble
Les lanternes à piles, les guirlandes solaires et les bougies LED résolvent l’éclairage sans toucher à l’installation électrique. Je place une source à environ 1 m du sol, près de l’endroit où l’on s’assoit, et une seconde plus basse, au pied des plantes. Deux points lumineux suffisent à rendre un petit balcon accueillant le soir. Les prises extérieures et les rallonges fixes relèvent d’un électricien, et le propriétaire doit être prévenu.
Avant de vous lancer
- Relisez le bail et le règlement de copropriété, et photographiez l’état initial.
- Mesurez le garde-corps (largeur, épaisseur, forme) avant d’acheter des supports à crochets.
- Testez chaque installation en conditions de vent avant de l’adopter.
- Gardez les poids bas : lestez le pied, pas le haut.
- Prévoyez des soucoupes pour toutes les plantes.
- Pour toute intervention électrique ou sur la façade, demandez l’accord du propriétaire et faites appel à un professionnel.
Un balcon de location bien pensé tient dans un carton de déménagement. C’est une contrainte, certes, mais aussi une bonne discipline : on garde l’essentiel, et le résultat est souvent plus léger que bien des aménagements permanents.



